Comprendre et gérer les comportements difficiles en service de garde: le rôle du cerveau et de l’environnement
Par Geneviève Savoie | 9 avril 2026
On ne va pas se mentir ok? Il y a certains jours que les comportements des enfants peuvent sembler complètement ingérables! AU SECOURS!
Kaleb lance ses brocolis comme s’il jouait au football pendant l'heure du diner, Maxime traîne devant son casier au lieu de s’habiller, Lily crie que vous êtes méchant·e et qu’elle va tout raconter à ses parents… et là, vous vous dites: «Oh boy! Il faut que je réussisse à passer à travers cette journée-là... Pfffff.....»
Ok. Respirez. C'est fait. Bon. On continue. Je vous rassure, vous n’êtes pas seul·e. dans cette situation-là. Et surtout, rappelez-vous que tout n’est pas chaos sans raison. La bonne nouvelle: comprendre ce qui se joue derrière ces comportements peut transformer ces moments disons... stressants en véritables occasions d’apprentissage!
Pourquoi les enfants adoptent des comportements difficiles
Pour mieux intervenir, il faut d’abord comprendre le cerveau de l’enfant. Derrière des« NON! » répétés, un (ou plusieurs!) refus d’obéir ou un geste perturbateur, il y a toujours un besoin ou une émotion à exprimer. Les enfants n’ont pas encore les mots ni la régulation émotionnelle pour le faire calmement. Ça vous le savez déjà.
En tant qu’éducatrice ou éducateur, votre première réaction peut souvent être émotionnelle: frustration, doute, épuisement. Mais ces émotions ne vous aident pas à analyser la situation. Prendre quelques secondes pour calmer ses propres émotions, faire un petit pas en arrière et activer son cerveau rationnel est vraiment la première étape pour intervenir efficacement. Moins facile à dire qu'à faire, je sais, mais avec un peu de pratique, c'est tout à fait possible!
Se poser les bonnes questions
Avant d’intervenir, prenez un moment pour analyser la situation en trois étapes clés.
1. Examiner votre rôle dans le comportement
Vos mots, votre ton et votre langage non verbal influencent la réaction des enfants. Une remarque comme « Bon là, les amis, je suis tannée ! » peut briser la confiance et provoquer des réactions intenses chez les enfants.
Si un enfant dit « NON » et que vous répondez « OUI » puis qu’il répète « NON » (vous voyez ce que je veux dire...), vous entrez dans un cycle de confrontation inutile. Même votre état d’esprit, que ce soit votre fatigue, votre tristesse ou encore votre démotivation se transmet et peut impacte le groupe.
2. Observer attentivement les enfants
Les comportements difficiles sont souvent des messages, même s'ils sont parfois complexes à décoder. Si les enfants crachent leur nourriture, s’ennuient ou cherchent l’attention, il peut s’agir d’un besoin de mouvement, de stimulation ou de variété dans leurs activités. Comprendre ces signaux permet de répondre plus facilement à ce besoin et de façon beaucoup plus ciblée. Et vous, et bien ça vous aide à utiliser votre énergie à bon escient!
3. Évaluer l’environnement et le matériel
Un local bien organisé et du matériel régulièrement renouvelé suscitent l’intérêt et réduisent les comportements perturbateurs. Parfois, un simple réaménagement du matériel, une rotation des jouets ou de nouveaux défis suffisent à transformer l’atmosphère. Les enfants s’ennuient vite et ne nous le disent pas toujours avec des mots, mais leur comportement le révèle clairement. Oh la la!
Devenez détective et testez des solutions
Gérer les comportements difficiles demande souvent curiosité et créativité. Observez, hypothétisez, testez, ajustez. Il y aura des essais qui réussissent et d’autres qui échouent. Et c’est tout ce qui a de plus normal. Ces essais sont des apprentissages pour l’enfant… mais aussi pour vous.
Le vrai de vrai secret, c’est de rester détaché·e émotionnellement des ces comportements plus difficiles et de laisser votre cerveau rationnel guider vos actions éducatives et vos interventions. En voyant les comportements comme des petits messages secrets à décoder plutôt que des défis à punir, vous transformez votre rôle: vous devenez un·e partenaire dans le développement de l’enfant plutôt qu’un arbitre de discipline.
Geneviève Savoie, Consultante Petite Enfance
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