Quand la motivation n’est plus au rendez-vous en petite enfance… que se passe-t-il vraiment?
Par Geneviève Savoie | 26 mars 2026
Votre motivation à vous rendre au boulot joue au yoyo... pfffff....
Il y a des périodes dans une carrière où tout semble plus lourd. Peu importe le métier qu'on exerce.
Se lever le matin demande plus d’efforts. L’énergie n’est plus la même. Les interactions qui nous faisaient vibrer deviennent parfois exigeantes. Et à la fin de la journée, ce n’est pas seulement de la fatigue… c’est une forme d’épuisement plus profond. Qui peut même vous amener à tout remettre en question.
Si vous vous reconnaissez là-dedans, sachez une chose: vous n’êtes pas seul.e! Oh que non!
Travailler en petite enfance, c’est un métier profondément humain. Et qui dit humain… dit émotions, fluctuations, périodes de grande motivation… et d’autres plus difficiles. Regardons ça ensemble de plus prêt ensemble.
Un « down » passager… ou quelque chose de plus installé?
Avoir des baisses de motivation, c’est normal. On en a tous. Mais quand cette impression s’installe, qu’elle dure et qu’elle commence à teinter votre quotidien, il devient important de s’arrêter un instant. Pour comprendre ce qui se passe vraiment.
Parce qu’en petite enfance, votre état intérieur ne reste pas invisible. Les enfants ressentent énormément ce qui se passe autour d’eux. Ils perçoivent les tensions, les baisses d’énergie, les émotions non dites. Ce n'est pas pour rien qu'on dit qu'ils sont de petites éponges d'émotions.
Et sans le vouloir, ils peuvent en être affectés.
Revenir à la base: pourquoi avez-vous choisi ce métier donc?
Avant de chercher des solutions complexes, il peut être utile de revenir à une question toute simple…: Qu’est-ce qui vous a amené.e à travailler en petite enfance?
Était-ce le plaisir d’être avec les enfants?
Le désir de les accompagner dans leur développement?
Le sentiment de faire une différence un petit humain à la fois?
Avec le temps, ces motivations peuvent s’effriter, se tasser… ou être noyées sous le poids du quotidien. Mais elles sont rarement disparues. Fouillez un petit peu.
Ce qui nourrit… et ce qui vide
Quand la motivation diminue, c’est souvent parce qu’un déséquilibre s’est installé. Certaines choses vous apportent encore de l’énergie. D’autres, au contraire, vous en demandent énormément.
Par exemple, vous pouvez encore aimer profondément intervenir auprès des enfants… mais vous sentir épuisé.e par certaines dynamiques d’équipe. Ou encore apprécier les moments de jeu… mais trouver les transitions ou la gestion de groupe plus lourdes qu’avant.
Prendre le temps d’identifier ce qui vous nourrit et ce qui vous épuise permet déjà d’y voir plus clair. Parce qu’on ne peut pas tout changer, c'est vrai. Mais on peut choisir où on met son attention et son énergie.
Retrouver du pouvoir dans ce qu’on contrôle
Dans le quotidien en service de garde éducatifs, plusieurs éléments peuvent échapper à votre contrôle:
Les décisions administratives.
Les changements organisationnels.
Certaines réalités d’équipe.
Et ça peut être frustrant des fois! Ça aussi c'est normal en passant!
Mais à l’intérieur de tout ça, il reste des zones où vous avez un réel pouvoir:
Votre façon d’intervenir.
La qualité du lien que vous créez avec les enfants chaque jour.
Le regard que vous posez sur votre rôle.
C’est souvent là que se cache une partie importante de la motivation. Pas dans les grandes transformations… mais dans les petits ajustements qui redonnent du sens.
Redonner du sens… un petit moment à la fois
Parfois, retrouver sa motivation ne passe pas par un grand changement. Ça passe par de petites prises de conscience.
Comme remarquer qu’un enfant progresse grâce à vous.
Ou vivre un moment de connexion sincère.
Ou encore, se sentir compétente dans une intervention.
Ces moments existent encore, même dans les périodes plus difficiles. Mais quand on est fatiguée, on les voit moins.
Et si on s’autorisait à se réaligner?
Il arrive aussi que certaines périodes nous amènent à nous repositionner:
À revoir nos priorités.
À ajuster nos attentes.
À prendre soin de nous différemment.
Et parfois, oui, à se poser des questions plus grandes sur notre parcours. Mais avant d’en arriver là, il y a souvent un espace à explorer. Un espace pour se redonner de l’élan, doucement.
Donc gardez en tête que de perdre un peu de motivation dans votre métier d'éducatrice ou d'éducateur, ce n’est pas un échec. Pas du tout même! C’est souvent un signal. Un signal qu’il est temps de s’arrêter, de réfléchir… et de se reconnecter à ce qui fait du sens pour nous.
Parce qu’au fond, ce métier-là repose sur quelque chose de précieux : le lien humain.
Et pour prendre soin des autres, ben il faut aussi, parfois, revenir à soi.
Geneviève Savoie, Consultante Petite Enfance
Lecture intéressante:
https://www.lesprosdelapetiteenfance.fr/dossier/burn-out-la-petite-enfance-un-secteur-a-haut-risque/